mercredi 13 février 2008

The bridge on the river Kwai

Qui a dit que c'était dangereux de faire du vélo à Paris ??? Certes, ici, on a des voitures à gauche, des voitures à droite, des bateaux en dessous et le métro au dessus... Mais admettez qu' il faudrait un calamiteux concours de circonstances pour se blesser.

Faire du vélo à Paris est devenu un de mes plus vifs plaisirs. Alors oui, c'est quand même dangereux, le cycliste n'est qu'un lent matou lâché au milieu d'une meute de chiens d'attaque... Et ce n'est pas la vilaine chasuble jaune fluorescent des chantiers et le drôle de casque à trous sur la tête qui nous sécurisent beaucoup... d'aucuns prétendent même que ces accessoires rendraient les cyclistes tellement confiants qu'ils en oublieraient massivement d'être prudents. Je n'ai pas d'avis sur la question.

Ce qui est certain, c'est que pédaler dans la vibrante Paris me donne de l'assurance : un bras de fer vélo versus auto n'est jamais gagné d'avance, il faut apprendre à s'imposer sans se mettre en danger, attraper le regard de l'autre en lui faisant croire qu'on vise ailleurs, et de ce fait l'informer plutôt que demander : "je vous préviens que je tourne". Et cela ne doit souffrir d'aucune discussion. Sinon, c'est très simple, on perd un genou.

Mais j'aime beaucoup prendre le temps de pédaler mollement, de freiner au feu orange, et là c'est le visage enragé du conducteur me suivant immédiatement qui passe au rouge. J'apprécie de voir le monde frétiller autour de moi alors que je suis au ralenti. A d'autres moments, c'est moi qui joue au bolide, rivalisant d'adresse avec les scooters ou les motos... à mon palmarès, deux Porsche et trois Mercedes grattées au feu vert. Peut-être qu'ils dormaient, téléphonaient ou se curaient le nez en se hissant à la hauteur du rétroviseur intérieur, mais ce n'est pas mon problème : je les ai bel et bien grattées.

3 commentaires:

MLF-M a dit…

Mon pauvre ami , tu manques vraiment d'imagination: tu pourrais te cogner contre un pilier, tomber de toi même, te trouver face au peloton du Tour de France qui serait en plein spint, et je te passe l'arrivée massive d'extra-terrestres en Vélib...!

Geneviève a dit…

A Lyon c'est pareil : je flâne sur mon vélo (les Vélo'V, c'est pas mon truc, j'ai mon vélo'm),je regarde les visages, les façades, je sens les odeurs (parfois je le regrette !), je fonce comme une furie, je me faufile, j'attends, je gruge, je suis hors la loi,je suis dans la loi ....Oui, le vélo urbain depuis toujours, c'est ma liberté, de la lycéenne sans le sou à la grande adulte. A Paris ou ailleurs ou plus loin !Quant à l'arrivée massive d'extra-humains, en vélo, à pied ou dans son lit,se sera de toute façon inattendu !N'ayons pas peur !

PERMI4 a dit…

Tu m'as piqué ma photo ... personnellement, si aucun humain, humanoïde ou bête de tout poil n'obstruait non plus cette piste couverte au moment où je la prenais, "ma" photo,j'y voyais le fantôme de Marlon Brando gagnant son appart vide de la rive droite, à Bir Hakeim-station,gagnant cette rotonde qui flanque souvent sur les boulevards ces immeubles façon XIXe siècle haussmanien (toutes ces rotondes recouvertes habituellemnt d'un toit d'ardoise à pointe façon casque prussien), vide je disais de tout ameublement, Marlon allant retrouver Maria Schneider pour une dernière danse au nom tanguant, danse typique de l'Argentine, transposée dans ce film houleux de Bertolucci à Paris,France.