Un coin de rue, un écrin de vie accueillant des maliens tout verts qui arrachent les poubelles du jeudi et du mardi ; le soir, les motards viennent s'y garer en retrait, et tant pis pour les noires taches d'huile graissant le ciment fissuré ; tout le jour, des pigeons abrutis ; l'après-midi après l'école, des mômes jouent à lancer leur poing fermé sur leurs visages, filmant d'un téléphone les joues rougies et les yeux effrayés ; des chômeurs fument ; des ados s'essayent au football, s'essuyant la sueur du front de leurs mains cinglées par le froid, feignant d'ignorer une voiture qui trépigne... Parfois, le bus arrive qui calme tout le monde, ça en impose, un bus qui dévale la butte, il nous emmerde, toutes les huit minutes, il faut se pousser... ou bien c'est une camionnette qui fait le plein de petits fromages dans un entrepôt aux tuiles de plexiglas moussu, ou bien c'est un poids lourd égaré, long comme l'immeuble entier, qui empeste la rue à laisser tourner le moteur...
Finalement, on peut être face à un mur et s'y sentir bien.
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