Tout un symbole, ce canal, à la fois irriguant et diviseur, citadin et silencieux, polluant et campagnard, symbole que les autres villes de la Seine Saint Denis n'ont pas, symbole de la circulation et de la verdure, d'ailleurs le journal municipal s'intitule "Canal".
Un canal, ça n'apparaît pas pour le bien-être des mamans et des poussettes, des rollers du dimanche ou des flaneurs du midi, mangeur de salade préparée à la hâte le matin avant de partir au travail, ni pour les bourgeois qui préparent le permis bateau. Un canal, ça compte, ça façonne. En plus de la zébrure/veine infligée/offerte à la ville, ça conditionne l'installation d'un grand nombre d'usines, d'ateliers ou entrepôts, pour recevoir les marchandises venu de l'Est ou du grand Est et les traiter avant leur consommation par les Parisiens. Pantin, c'est la ville des travailleurs, la ville rouge. Une transposition moderne de ce processus est observable dans les grands ateliers SCNF, au nord du canal : on y répare les tout nouveaux T.G.V. Est.
Un peu plus loin, le canal tente une virée à Paris, et les vibrants matchs de foot à la pelouse de la Villette sont entrecoupés de nombreuses mi-temps involontaires : le ballon est à l'eau, et il faut compter sur les vaguelettes causées par le passage d'un bateau pour le repousser mollement vers nous.
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