
Les toits de Dijon commencent à faner, je rassemble quelques affaires. Cinq étages plus bas, le bus est bloqué par une sorte de grue. Klaxon rauque, plein feu, rien n'y fait. Ma langue est un peu pâteuse.
Appelé un pote. Ne dormira pas chez lui. Appelé une amie. Dîne avec sa soeur. Je me retrouve seul dans une brasserie de chaises en mauvais bois et d'abats-jour blafards, de salières grises et de serviettes molles.
Le fond de la salle bafouille money for nothin' and chicks for free, je m'approche des toilettes, celles où se laver les mains est parfois moins confortable que de manger les mains sales. Penser à appeler Daniel pour déplacer le conseil.
Pour être moins seul, je prends le "Mont d'Or pour deux". Sa majesté la patate, une tonne de salade. Finalement, un couple entre, les voix résonnent dans l'échoppe vide.
- ... comment elle s'appelle, ta nouvelle meuf ?
- euh...
J'ai pas tellement envie de retourner sur internet, alors je mange. Un peu mal au bide, mais je mange, et puis c'est quand même bon, alors je mange. Le téléphone sonne : tant pis, je rappellerai. Je mange. Faire un mail au Conseil Général ; mon téléphone vibre, nouveau message.
- ... la famille, c'est ma hantise ; le pire, c'est la mère de ma belle-mère...
Dehors, quelques ombres flottent à travers la bruine neigeuse, capuches carrées et gants noués, têtes en avant. Le patron me rapporte gentiment une assiette, rab' de pommes de terre, retourne apprendre l'Equipe de la veille, flanqué sous des bouteilles de Ricard qui ont le cul en l'air. Appeler le prof de direction.
-... trop pas, on lui voit le string...
Pas de café, je reprends un coup de rouge, une bossa pleurniche derrière le bar, mais mon pot de pinot est fini. Je règle, je pars ; avec un peu de chance, je trouverai un vélo de libre.
-... faut pas trop que je boive, j'ai partiel demain...
Allez, bonsoir, messieurs-dame, amusez-vous bien. Vivement la fin de semaine : quitte à s'emmerder, autant s'emmerder chez soi.
3 commentaires:
t'as vu, quand tu racontes des trucs tristes, personne ne met de commentaires. il faut accrocher le chaland, mon cher, être un gagnant-gagnant, un guerrier.
ok, je raconte n'importe quoi.
ça va aller, mon vieux.
insulte-moi un bon coup, ça va te remonter le moral.
Ca fait toujours un peu mal, le mois de Mars.
Il vente, il bruine, les cheveux frisottent (ah non... désolée...).
Les jeunes étudiants sont tellement superflus. String et partiels, quelle vie!...
La boulimie ponctuelle n'est donc pas réservée aux filles seulement...
Règle N°1: quand on boit un verre, on ne pense pas au travail...
Quitte à s'emmerder, autant s'emmerder avec les copaings, non?! Mon numéro, c'est le 06. 81... tu connais la suite!
Bise
Bonjour, bonsoir,...
Nous n'avons pas l'honneur de nous connaître- quoiqu'à la lecture de votre blog j'aie la sensation d'avoir une petite longueur d'avance- mais nous avons une amie, Héna, en commun ...qui m'a parlé en termes flatteur de vous, et qui trouvait "extraordinaire" que nous ne nous connaissions pas..!Faut-il croire que Dijon n'est pas si petit, après tout? Donc, si un jour vous vous retrouvez seul dans une obscure gargotte, à saisir des bribes de conversations plus ou moins intéressantes, appelez-moi, histoire que nous en partagions une, de conversation !Hein? Why not ? Au fait, je m'appelle Antonia , et vous pouvez me contacter sur antonia_25@hotmail.fr...au plaisir, peut-être ! ps: j'aime beaucoup ce que vous écrivez
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