dimanche 6 avril 2008

Le marché de Limoges

Ce matin, au réveil, j'ai tenté une expérience de fou, du jamais-vu, du travail d'équilibriste : rester au lit une fois éveillé. Je voulais marquer le coup, je commence mes vacances.

J'ai tenu dix minutes. Après avoir fait joujou avec mon téléphone, lu un chapitre d'un polar en anglais et tenté de m'imaginer la douceur des Alpes au soleil, il a fallu me rendre à l'évidence, la ville et le monde m'attendait.

Enfilé les vêtements de la veille, je me jette dans le frais de la rue, braque la boulangerie pour engloutir mes pains au lait sur le chemin du marché. J'emprunte la rue du haut, ne croise que quelques merles, j'en profite pour repérer les quelques baraques qui ont un peu de cachet.

Avant le marché, je vais saluer mon vendeur de journaux, achète Le Parisien pour savoir quoi penser des nouvelles de la veille, et m'engouffre dans mon bistro du dimanche : Yasmina et son frère s'agitent efficacement pour contenter les vieux yougos, les forts turcs ou les petits beurs, cafés-crème, calvas, demis, ça lit le journal, ça papote, le nez sur la télé et les pieds dans les sachets de sucre éventrés.

Quinze minutes plus tard, au marché, c'est du sport, c'est tactique, c'est technique : poussettes, chinois pressé, vieille qui a coincé son cabas, ce n'est plus tout à fait les mêmes codes que dans la vie de tout les jours, au marché, la politesse se réinvente selon chaque cas. Les radis ronds me font de l'oeil. Mince, la vendeuse m'a refilé une pièce écrite en arabe, je fais quoi ? Je me suis fait gratter deux euros, mais elle est jolie, cette pièce. Finalement, je retourne la changer, sinon la jolie pièce va mourir dans le tiroir des jolis machins que je ne regarde jamais. Ah ! Le sachet d'endives est à un euro cinquante. Michel, le vendeur de yaourts-périmés-le-lendemain : "je pensais pas te voir ce matin", qu'il me lance. "bah, pourquoi ?" - "Bah, c'est le marathon de Paris !" Il m'a eu, l'étal se marre.

A retour, je rentre par la Nationale 3, bruyante, vivante, quatre ou six échoppes turques, trois ou cinq coiffeurs algériens, une poignée de traiteurs asiatiques. Et puis la queue devant le taxiphone qui va ouvrir dans un instant, des visages pleins de soleil qui attendent après une voix aimée.

Mais tout cela n'était peut-être qu'un rêve, car je vous ai menti : je me suis rendormi.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Vla un billet qui va faire plaisir a Magali. Il lui manque son ptit quartier!
La prochaine fois, tu tapes la bise a Mimiche pour nous!

Fabien Perret a dit…

même si tu t'es rendormi, ça sent le vécu !!
grosses bises
Fab

Anonyme a dit…

Ah oui, c'est sur que ca fait plaisir, on s'y croirait!
La prochaine fois que je rentre en France, on se fera le marche ensemble et on devalisera Mimi.
Profite bien de tes vacances, les miennes sont deja finies malheureusement.
Bisous, a bientot j'espere!
Magali

Anonyme a dit…

Ben moi ça m'a réveillé, cet article. Comme quoi...
JM.

LE RAPPEL DES OISEAUX a dit…

il y en a que ça réveille. Moi c'est le contraire : je le lis ce soir juste avant de m'endormir, et je sens que je vais faire plein de beaux rêves...
LN

MAJ a dit…

Pas mal,j'y ai cru!La prochaine fois je commence par la fin!Se faire avoir par le maestro!!!halala
12-3!

Tu devrais écrire des romans on sait jamais....nouvelle vocation en perspective pour l'accro des diplomes et nouveautés!!!lol

Bye!